Réguler les écrans chez les enfants
Les écrans font partie intégrante de la vie des jeunes, tant en primaire qu’en secondaire. La présence des technologies dans leur vie quotidienne a donc un impact. Quels sont leurs opinions et ressentis sur les utilisations communément considérées comme problématiques ?
Type :
- Chiffre/Enquête
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- Ressource pédagogique
- Relations aux écrans

Le contrôle parental
L’enquête #Génération2024 révèle que, dans la grande majorité des cas, ce sont les jeunes qui décident où, quand, et combien de temps ils∙elles utilisent leurs supports numériques. Ces usages ne sont en tous cas que très peu négociés avec les parents.
87 % des ados n’échangent pas avec leurs parents sur leurs jeux favoris, les applications utilisées (84 %), les photos consommées (82 %) ou partagées (80 %). Le jeune est autonome dans le choix des personnes avec qui il ou elle entre en contact en ligne (78 %). Les frais engendrés par les usages connectés semblent par contre un sujet plus fréquemment abordé entre jeunes et parents. Ainsi, 27 % des parents décident de ce que le jeune peut acheter sur Internet et ces achats font l’objet d’une négociation dans 36 % des cas.
Concertation en famille variable
Les usages des écrans par les jeunes ne font pas toujours l’objet d’une concertation en famille. 32 % d’entre eux se voient imposer leurs usages par les parents (42 % souvent et 26 % parfois). Dans 50 % des cas, c’est l’enfant qui amorce une discussion à ce sujet alors que pour 19 % d’entre eux, la négociation se fait à l’initiative des parents. Dans 31 % des cas, cette situation évolue au fil du temps. 38 % des élèves du primaire ont affirmé « avoir décidé ensemble » des règles d’utilisation, alors que, pour 60 %, les décisions quant aux usages viennent des parents qui « disent ce que je peux ou dois faire ». Les parents contrôlent « fréquemment » le respect de ces règles pour 56 % des enfants, et « parfois » pour 22 % d’entre eux et elles. Ce n’est pas le cas pour 22 % des répondant∙es, pour qui les règles édictées ne s’accompagnent pas d’un contrôle de leur respect.
Qu’en est-il des usages collectifs ? Ils sont relativement faibles, l’écran restant un objet dont l’usage est plutôt solitaire. 39 % ne regardent jamais de films avec leurs parents et 58 % ne jouent jamais à des jeux avec eux.
Dialogue avec leurs pairs
C’est en dialoguant avec leurs pairs que les jeunes répondent aux questions qu’ils∙elles se posent sur leur vie numérique : avec leurs ami∙es (61 %), un frère ou une sœur (45 %). Les jeunes semblent donc également estimer qu’ils∙elles sont des expert∙es plus fiables que les adultes quand il s’agit du numérique. Les parents restent bien sûr une source d’information dans ce domaine (35 %). Mais le corps enseignant ou éducatif n’est que peu sollicité pour répondre à des questions relatives aux médias (7 %).
Quand les enfants appréhendent les risques
La surutilisation des outils numériques induit-elle du stress ? La privation d’accès aux écrans provoque-t-elle une impression de manque1 ? Plus de la moitié (55 %) des élèves déclare qu’ils∙elles ressentiront un certain manque (35 % « oui, un peu », et 20 « oui, certainement ») s’ils∙elles ne peuvent utiliser leur tablette pendant une journée. Mais les enfants s’estiment-ils∙elles eux-mêmes trop attachés à leur tablette ? 61 % répondent par l’affirmative (28 % « parfois » et 33 % « souvent »). Le constat est le même en ce qui concerne le smartphone : 66 % des répondant∙es disposant d’un smartphone ressentiront un manque (27 % « oui, certainement » et 39 % « oui, un peu ») s’ils∙elles n’y ont pas accès pendant une journée. Ils sont 56 % à estimer l’utiliser avec excès (36 % « parfois » et 20 % « souvent »). Un facteur de stress supplémentaire provient non pas de leurs usages mais de ceux de leurs proches. Plus de la moitié des élèves estiment leurs parents trop concentrés sur leurs smartphones.
Qui sont leurs personnes ressources ?
Confrontés à un problème technique avec un support, les membres de la famille sont, pour les enfants, les personnes ressources privilégiées. Les élèves du primaire font en effet principalement appel à un parent (64 % des répondant∙es), à un frère ou une sœur (38 % des répondant∙es), voire à un grand-parent (16 %). Les pédagogues (instituteur∙rices et éducateur∙rices) sont globalement peu sollicité∙es (8 %). Mais les enfants sont aussi eux- mêmes des personnes ressources pour venir en aide à un proche confronté à un souci d’utilisation de son support numérique. 70 % des enfants déclarent avoir déjà aidé quelqu’un. L’expertise est donc ici partagée.
Analyse
Dans l’acceptation des pratiques adolescentes par des parents qui ont perdu la tour de contrôle de vue, divers enjeux sont à l’œuvre. Pour les jeunes, la mutualisation des comportements numériques neutralise la crainte d’être mis·e sur la touche par les autres. Cette préoccupation est à mettre en lien avec diverses pratiques : des échanges intenses et prolongés entre ami·es ; un important volume de publications de photos de groupes, commentées et likées sans relâche. Ces activités seraient souvent admises par des parents conscients de la nécessité des équipements numériques et des pratiques en ligne pour des enfants cherchant à se conformer aux codes sociaux de leur âge. Il s’agirait là, pour les parents, d’un devoir de connexion technologique inédit, répondant, pour les enfants, à un droit de communication entre pairs.
Dans ces conditions, la concession de l’accès aux écrans connectés expliquerait en partie le contrôle vertical (de parent à enfant) centré sur les débordements chronophages, et les nombreuses questions éducatives que les parents se posent à l’égard de la gestion du temps. Se connecter, oui, il le faut, mais pas trop, on le doit.
« Je suis entre quatre et cinq heures par jours sur les réseaux. Ouais ma mère elle est pas trop d’accord que je passe mon temps sur les réseaux, mais le seul truc qu’elle tolère pas, c’est qu’on soit à table avec son smartphone. Moi elle sait bien que je vais pas abuser et tout ça, mais mes petits frères, elle les contrôle. Elle veut pas qu’on soit trop par rapport à ça, parce qu’elle elle a pas connu ça ».
Les déclarations des répondant·es montrent que les parents 2020 ont lâché du lest par rapport à leurs devanciers. Ils et elles ont cédé ou perdu le contrôle d’un certain nombre de territoires numériques.
L’enquête entérine ce paysage, mais elle ne rend pas compte de la probable tonalité complexe des négociations, sans doute âprement menées par de jeunes ados qui tentent de convaincre de la nécessité des équipements numériques. Car en face, ils et elles trouvent des parents doublement inquiets, balançant entre un sous-équipement qui serait source d’exclusion, et un sur-équipement préfaçant les dangers potentiels liés à son usage.
Au centre de ces enjeux contradictoires figure la socialisation juvénile, ayant pour finalité l’émancipation du jeune. Il n’est donc pas étonnant que les usages des écrans connectés soient l’objet d’une lutte, qui met parfois les familles sous tension, mais dont l’issue est connue.
3 défis amusants
Vérification sur TikTok. Partage de photos sur Snapchat. Coup d’œil sur ce qui se passe dans la conversation de groupe avec les camarades de classe. Et puis... peut-être piochera-t-il à l’aveugle dans l’assiette posée sur la table ? Votre enfant ne range pas son smartphone une seconde ? Faites-lui réaliser la situation avec ces 3 défis amusants pour les enfants à partir de 10-11 ans. Bien sûr, ce sera encore plus drôle si maman et papa participent également !
Empilement des téléphones au restaurant
Vous sortez en famille au restaurant ? Demandez à chacun de mettre son smartphone à l'envers sur une pile au milieu de la table. Celui qui touche son téléphone portable en premier avant que le dessert ne soit débarrassé devra payer la facture ! Faites au moins semblant de réellement l’envisager.
Créer un spot pour smartphone à la maison
Pratique, n'est-ce pas, un de ces bols près de la porte d'entrée pour y déposer vos clés dès que vous rentrez chez vous ? Faites-en une antenne parabolique pour smartphone pendant un week-end : désormais, tous les membres de la famille ne peuvent tenir leur téléphone portable dans leurs mains que dans un rayon de 10 cm autour de l'antenne.
Désignez un « Bob » smartphone
Vous allez faire quelque chose d'amusant ensemble ? Désignez une personne comme « Bob-smartphone » pendant toute la durée de la sortie (ou laissez tout le monde être Bob à tour de rôle). Ce sera la seule personne qui sera autorisée à prendre son smartphone avec elle et à l'utiliser, par exemple pour prendre des photos.





